Mission en Martinique et en Guadeloupe
GUADELOUPE 24-29 mai
Le 24 mai au petit matin, je me suis réveillé très mal en point. J’ai
réalisé que je venais d’attraper le chikungunya et nous devions embarquer à
14h30 pour la Guadeloupe. Heureusement pour moi que notre logeuse s’y
connaissait en soins par les plantes, plus la prière, j’ai pu prendre l’avion
avec Jacques pour la Guadeloupe.
Nous avons été accueillis à l’aéroport par un frère délégué par le
pasteur Dominique Dick empêché, puis installés dans les locaux de la Fédération
des Églises Évangéliques Baptiste de la Guadeloupe. Nous avons par la suite
appris les modifications qui sont intervenus dans le programme que nous avions
reçu.
En dehors de la réunion avec les pasteurs des églises de l’AEE et le
service du baptême, nos interventions en Guadeloupe étaient identiques à celles
de la Martinique et sur le même mode et le même thème.
Le Dimanche 25, nous avons été invités pour la prédication à l’Église
Soldats du Christ à St-Anne. La rencontre fut d’une richesse que nous n’avions
pas soupçonnée. Après une présentation de Lifeline par Jacques, j’ai prêché une
fois de plus sur l’esclavage et la liberté en m’appuyant sur le passage d’Exode
12. Nous avions en face de nous, une assemblée très ouverte et sensible à la
problématique de l’esclavage et son héritage. Son pasteur nous a informés qu’il
avait participé à la marche de Lifeline en 2005. Nous avons été littéralement
arrosés de questions et invités à revenir mardi soir.
Le lendemain 26 mai, nous avons eu une réunion avec quelques pasteurs
des églises de l’AEE. La discussion a été passionnée et nous avons partagé les
buts et objectifs de notre mouvement de réconciliation ainsi que nos
ministères. Nous leur avons remis des DVD de Lifeline Expedition.
Le 27 mai, jour de la célébration de l’abolition en Guadeloupe, la
Fédération des Églises Évangélique Baptiste de la Guadeloupe organise chaque
année un service de baptême commun à la plage de Port-Louis. Une soixantaine de
personnes de tous âges prenaient le baptême ce jour-là. J’étais invité cette
année à apporter un message lors de ce service. J’ai apporté un message
d’évangélisation et lancé un appel à la conversion. Ce jour-là aussi, de
nombreuses personnes ont donné leurs vies à Jésus. Après le baptême, Jacques a
été invité à intervenir pour présenter notre mouvement de réconciliation. Nous
avons pique-niqué sur la plage où nous avons partagé un moment festif et
apprécié la baignade à la plage de Port-Louis. Nous avons quitté nos amis bien
avant la fin de la rencontre car nous devions nous reposer et nous préparer
pour l’intervention de la soirée.
Le soir, un frère est venu nous chercher pour nous conduire à St-Anne
où nous devions intervenir pour la deuxième fois. Cette rencontre a fut encore
plus intense que la première au point que nous avons eu du mal à y mettre fin
et nous séparer, tant les gens avaient encore des questions. Le lendemain nous
avons eu une soirée d’enseignement au Grand-Camp avec les églises de Pointe-À-Pitre
où ensemble nous avons été bénis par nos interventions et les réactions de
l’assemblée.
Nous avons reçu un accueil inoubliable en Guadeloupe et des projets
ont été mis en place avec le pasteur Dominique Dick que nous allons concrétiser
en 2015 et en 2016.
Le jeudi 29 nous avons repris l’avion pour la Martinique où un autre
programme nous attendait.
Comme l’a si bien dit mon frère Jacques dans son rapport, nous avons
ressenti qu’une porte s’est grand ouverte permettant de faire face à cette
histoire si tragique qui affecte encore aujourd’hui bien des vies. Nous avons
ressenti un désir profond des Martiniquais et des Guadeloupéens que nous avons
rencontré, de guérir de ce passé, une prise de conscience courageuse pour se
libérer de la haine, de la colère et du ressentiment envers les oppresseurs
blancs et les frères africains qui ont contribué à cette histoire et ses
conséquences, en libérant le pardon avec le désir de construire un avenir
rempli d’espérance.
Mais je voudrais remercier Jacques et admirer son courage car ce
n’était certainement pas facile pour un européen de faire face à cette
histoires et les revendications de justice et de réparation et de restitution par
rapport à cette problématique, auxquelles nous avons été confronté tout au long
de cette mission. Que Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ lui apporte
guérison, sagesse et discernement par rapport à cette problématique sachant que
notre identité est en Jésus et non en ce qui nous définit par nos origines,
notre passé où les groupes humains auxquels nous appartenons.