vendredi 21 février 2020

MES 70 ANS OBSEQUES


Célébration de mon 70ème anniversaire

Introduction
Voilà un énoncé qui a fait polémique au point que, pour reprendre les paroles d’une personne venue par curiosité, voir cet « enterrement vivant », « la moitié de mes invités » ne seraient pas venus à cause de ce qui aurait été compris comme pensée morbide. Puis elle a ajouté qu’elle a bien fait de venir parce qu’elle n’aurait rien compris à ce que j’entendais faire si elle n’avait pas été présente et qu’elle ne le regrette pas !
Je savais que de nombreux chrétiens manquaient d’humour, mais pas à ce point. Beaucoup d’autres choses sont remonté jusqu’à moi, qui m’ont donné l’impression que certains chrétiens sont toujours dans l’esprit de l’inquisition, et même pire, car pendant l’inquisition il y avait au moins des semblant de « procès », même si ceux-ci étaient « orientés » avec une fausse écoute… Mais dans le cas présent, ils ont jugés et condamné, sans voir ni écouter celui qu’ils jugeaient.
La première raison de leur jugement est une erreur de sémantique, notamment chez certains de nos frères africains qui parlaient d’enterrement à la place d’obsèques. Parler d’enterrement aurait été effectivement morbide, à mon avis. Un enterrement, c’est une mise en terre d’un corps mort, et si on se réfère à la définition du dictionnaire le petit Robert, le premier sens de ce mot c’est « action d’enterrer un mort, de lui donner une sépulture (voir ensevelissement, inhumation) ». Un deuxième sens inclut « l’ensemble des cérémonies qui précèdent et accompagnent cet enterrement (voir funérailles). » Alors que le mot obsèques concerne essentiellement toutes les cérémonies et envoie au mot "funérailles" qui est défini comme  « ensemble des cérémonies accomplies pour rendre les honneurs suprêmes au défunt. » Et c’est ce que je dénonce, comme mon père l’a fait il y a 51 ans, car je le considère comme un retour en Égypte. C’est ce que je me propose d’expliquer en deux points pour ceux qui ne sont pas venu m’entourer ce jour-là par réaction à cet intitulé, mais également pour l’affermissement de ce qui nous ont honorés par leur présence. Le premier concernera le point de vue de la religion et le deuxième, le point de vue culturel et plus particulièrement de la culture africaine. Puis je tirerai une conclusion à partir de ces deux approches.
1 Sur le Plan religieux
Il est vrai que je me suis inspiré de ce qu’a institué notre père, Albert MPONDO DIKA, dans la famille et qu’aucun de nous ne s’était appliqué à accomplir jusque là, souvent par ce que je considère comme superstition, car papa est décédé sept ans après avoir célébré ses « obsèques » à l’occasion de ses 70 ans. Mais en réalité ce qui m’a motivé c’est mon engagement actuel pour un retour aux sources de la foi chrétienne, la Thora d’Israël, racine dont les pères de l’Eglise et leurs successeurs nous ont coupés à cause de leur haine des juifs, ce qui a entraîné la "paganisation" de la foi chrétienne.
En effet, le culte des morts que nous connaissons aujourd’hui et qui  est entré dans les mœurs des chrétiens n’existait pas parmi les premiers chrétiens qui étaient tous juifs. L’exemple le plus frappant, est celui d’Ananias qui suite à son mensonge tomba raid mort et la Bible dit à ce sujet : « Les jeunes gens, s’étant levés, l’enveloppèrent, l’emportèrent, et l’ensevelirent. » Actes 5 :6 lorsque sa femme, Saphira arrive un peu après, elle n’est pas au courant que son mari est mort et enterré. Lorsqu’elle réitère le mensonge de son mari, Pierre lui dit : « Voici, ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte, et ils t’emporteront. Au même instant, elle tomba aux pieds de l’apôtre, et expira. Les jeunes gens, étant entrés, la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent, et l’ensevelirent auprès de son mari. » Actes 5 :9-10. Ces jeunes gens, à peine avaient-ils terminé d’ensevelir le mari qu’ils devaient emporter également la femme, sans aucune cérémonie, pour l’enterrer aux côtés de celui-ci.
Cela se passe de commentaire. Un autre passage qui illustre bien cet esprit est la réaction de Jésus lui-même, lorsqu’un des disciples l’aborde en lui disant, dans Matthieu 9 :21-23 « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit : Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent. »
Les funérailles tels que nous les connaissons aujourd’hui relèvent des pratiques égyptiennes et gréco-romaines. Dans le judaïsme c’était un sacrilège qu’une dépouille s’approche d’un sanctuaire. Les prêtres ne devaient même pas y toucher ! Dans le judaïsme cela ne se passait pas ainsi et ce n’est pas parce que certains juifs de nos jours ont aussi adopté ces modes que je dirai le contraire. Et même parmi ceux qui ont adopté un cérémoniel proche de ce que nous connaissons, certaines pratiques sont toujours respectées : les dépouilles ne sont pas exposées y compris aux membres de la famille, l’incinération demeure interdite et le corps après être lavé selon un rituel par ceux qui sont appelés à le faire est simplement recouvert par un linceul blanc et mis en terre. Nos funérailles sont ce que pour ma part je considère comme un "retour en Égypte". Ce sont les égyptiens qui pratiquaient ce culte païen de la mort, où les dépouilles étaient maintenues des jours, des semaines voir des mois par des cérémonies interminables et étaient exposées jusqu’au jour de leur enterrement. Quant aux gréco-romains ils ensevelissaient leurs morts dans des temples avec grandes cérémonies et avaient des panthéons pour leurs demi-dieux. Les morts étaient également exposés pendant des jours voir des semaines afin de leur "rendre hommage" avant d’être incinérés ou enterrées en grande pompes pour les gens de la haute société, notamment les patriciens. Pour la plèbe, ils étaient immédiatement incinérés ou, plus tardivement, enterrés le même jour. Pour tous les autres des classes en dessous, les esclaves par exemples, ils étaient jetés dans les fosses communes.
2 Sur le plan culturel
Les enterrements, y compris chez les chrétiens, ont suivi les mêmes rituels que les égyptiens ou le monde gréco-romain. Nous avons fait entrer les morts dans des sanctuaires (de nombreuses personnalités de haut rang sont enterrées dans les églises et les cathédrales), les cérémonies funéraires sont devenues interminables et sources de dépenses souvent inconsidérées, notamment parmi les africains (et pas seulement). Nos morts sont souvent mis dans des « frigos » pendant des semaines, voire des mois, ce qui nécessite un budget non négligeable. Un collègue Nigérian m’informait dernièrement qu’un de nos collègues, un pasteur très connu chez eux, décédé en mai 2019 en Angleterre, vient seulement d’être enterré en février 2020, parce qu’il fallait organiser ses funérailles comme il se doit et « comme il le mérite... » Il fallait en outre attendre que ses enfants éparpillés aux quatre coins de la planète s’accordent sur une date à laquelle ils pouvaient tous être présents au Nigeria afin que tous puissent lui "rendre les honneurs auxquels il avait droit". Et ce n’est pas le seul cas. Dans mon pays d’origine, le Cameroun, les cas sont nombreux de ce genre et ont tendance à se multiplier. Les familles rivalisent "d’honneur", à savoir qui va habiller son cadavre avec le costume le plus cher de la planète et les enchères montent. C’est devenu un business lucratif pour les sociétés qui organisent ces cérémonies.
Ces morts qui sont ainsi richement habillés, mis dans des cercueils qui coûtent des millions  de CFA, auraient parfois aimé avoir ces millions pour se soigner et guérir de leur maladies (bien entendu, ce n’est pas le cas pour tous), ou mieux vivre pendant qu’ils le pouvaient encore, et personne ne le leur aurait donné. Les gens sont prêts à dépenser « des cents et de milles » pour un mort, et zéro centime pour le vivant ! Pour exemple, un neveu qui trouvait coûteux la dépense de transport pour une région proche de la nôtre et Strasbourg, ainsi que pour deux jours d’hôtel pour venir célébrer mes 70 ans, n’a pas hésité à prendre un billet d’avion pour se rendre à un enterrement familial au Cameroun un weekend plus tôt, avec tout ce que cela implique, car on n’y va pas les mains vides !
De plus ces rassemblements donnent lieu à toutes sortes de « kongossa », terme qui signifie commérages en "francamerounais" (voire pire que ça !) Je suis allé dernièrement à un enterrement africain à Paris, que n’ai-je pas entendu dans le cortège qui accompagnait la dépouille au cimetière. Heureusement que les intéressés n’entendent pas ces conversations car ce serait, dans la situation qu’ils vivent, des paroles tueuses si cela parvenait à leurs oreilles.
De plus tous les discours qui sont faits devant le mort ne lui servent plus à rien. C’est de son vivant qu’il aurait aimé entendre sa famille, ses amis, ses frères et sœurs en christ lui dire toutes ces choses. Et ce jour-là, certains qui l’auront traité en ennemi de son vivant trouveront qu’il avait aussi des qualités. Mais il sera trop tard.
En conclusion
En organisant la célébration de mes 70 ans comme mes obsèques, je voulais dire à tous  ceux-là qui sont des adeptes de ce « retour en Égypte », comme Jésus lorsque les juifs lui demande de faire des miracles, il leur répond dans Matthieu 12 :9
« Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. »
A tout ceux qui ne sont pas venus, pour quelle que raison que ce soit, je leur dit qu’à mon départ pour la Patrie Céleste, vous n’aurez d’autre obsèques que la célébration  de mon 70ème anniversaire !
De toute ma  famille seulement deux personnes côté maman et deux de mes frères les plus proches sont venus. Cela me permet de savoir sur qui je peux compter. Par contre, si certains de nos amis chrétiens évangéliques ont manqué d’humour au sujet de l’intitulé de ma célébration, quelle ne fut ma joie de voir avec quel humour ma belle-famille, qui était d’ailleurs pratiquement au complet, a pris la chose ! Je leur en suis infiniment reconnaissant !
J’ai demandé à mon épouse et à mes enfants que je sois enterré le même jour que je partirai sans aucune cérémonie, notamment d’aucune église en particulier, ce d’autant que je ne me reconnais plus depuis quelque temps, comme membre d’une église organisation associative, mais membre de la Quéiylah (Assemblée) de Yéshoua... Que l’argent ne soit pas dépensé pour des costumes que je n’aurais pas mis de mon vivant ni pour autre chose que je considère comme inutile pour un mort et que je sois simplement enveloppé tel que je suis venu au monde dans un linceul blanc et mis en terre sans cérémonie, dans un cercueil le plus simple et le moins cher possible. Je refuse ce retour en Égypte qui est entré dans les meurs du christianisme contemporain à tel point que les chrétiens ne s’en rendent même plus compte. S’il y a de l’argent à dépenser, que ce soit pour le vivant, pour l’éducation des orphelins et des pauvres que je soutiens en Afrique et en Haïti plutôt qu’à un mort qui n’a plus rien à attendre que de paraître devant son Seigneur au jour de la rencontre. C’est la seule charge que je laisse à mon épouse et à mes enfants : soutenir ceux dont je subviens à la scolarité, au moins jusqu’à la fin de leurs études. Je sais que mon épouse exécutera ce testament, j’ai pleinement confiance en elle. Je lui laisserai toutes les instructions écrites et détaillées en la matière.
Une petite anecdote : j’ai partagé cela avec un frère pasteur et à ma surprise, sa réaction a été : « tu ne vas tout de même pas te laisser mettre dans n’importe quel cercueil ! »…
Contrairement à ce que beaucoup ont pensé, pour mes 70 ans c’est la vie que nous avons célébré et non la mort. Jésus a dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.» Jean 11 :25-26 et c’est ce que je crois ! J’ai bien choisi le Psaume 90 :10 non pas pour dire ou faire entendre que maintenant je vais mourir. Ceux qui ont pensé cela ne connaissent probablement pas l’origine et les circonstances de ce Psaume. C’est un Psaume de Moïse et il l’a écrit alors qu’il avait déjà dépassé cet âge (70 ans) et avait atteint 80 ans. Il savait donc de quoi il parlait. En outre, quand on sait qu’il a vécu 120 ans, alors on ne peut pas le soupçonner d’intention morbide !
Je terminerai donc avec ce passage d’Isaïe 38 : 17-19 qui reflète quelque peu ma vie et ma pensée, ainsi que ma motivation pour célébrer l’Éternel pour mes 70 ans sur la base du Psaume 90 :10.
« Voici, mes souffrances mêmes sont devenues mon salut ; Tu as pris plaisir à retirer mon âme de la fosse du néant, Car tu as jeté derrière toi tous mes péchés. Ce n’est pas le séjour des morts qui te loue, Ce n’est pas la mort qui te célèbre ; Ceux qui sont descendus dans la fosse n’espèrent plus en ta fidélité. Le vivant, le vivant, c’est celui-là qui te loue, Comme moi aujourd’hui ; Le père fait connaître à ses enfants ta fidélité.»
Que l’Éternel et Père de notre Seigneur et Sauveur de nos vies, Yéshoua HaMashiah, nous fasse grâce ! Qu’HaKadosh Baruch Hou vous bénisse et vous garde, Qu’Il fasse luire Sa face sur vous et vous accorde Sa grâce, Qu’Il tourne Sa face vers vous et vous donne la PAIX !
Daniel MPONDO

jeudi 31 janvier 2019

ARRÊTEZ LA VIOLENCE DANS LES RESEAU SOCIAUX




Stop à la promotion de la violence dans les réseaux sociaux

De grâce mes amis, arrêtez de m’envoyer des  vidéos de violence par WhatsApp, Messenger ou autres réseaux sociaux !

J’ai passé une très mauvaise nuit aujourd’hui parce que j’ai reçu des images d’une violence extrême qui m’ont terriblement choqué. Il s’agissait d’une jeune fille, je crois qu’elle devait être mineure ou tout au plus jeune adulte, que tout un village molestait. Parmi l’assistance, il y avait des enfants de moins de dix ans, spectateurs et parfois participants. La vidéo n’était pas sous-titrée et ne donnait pas la  raison pour laquelle cette population s’en prenait à cette jeune fille pourtant si belle. A la suite de l’histoire ils la brûlent vive… je n’ai pas pu supporter de voir l’agonie de cette jeune fille jusqu’à la fin tellement c’était cruel et inhumain ! Quel que soit ce que cette jeune fille aurait fait, elle ne méritait pas ce traitement, aucun être humain ne mérite un tel traitement, il n'y avait aucune place dans cette vidéo pour la dignité humaine ! Les images étaient si  violentes et si cruelles que j’en ai fait  des cauchemars toute la nuit et c’est ce qui m’a décidé à publier cet article à l’attention  de ceux qui mettent de telles images « gratuitement » dans les réseaux sociaux avec le risque que cela tombe entre les mains de jeunes enfant !

Je vous en supplie, ne publiez pas de telles images, elles ne sont pas faites pour être vues par un public large, ce sont de images qui doivent servir dans des cours de justices appropriées pour condamner ceux qui font de telles choses et ne devraient être vues que par des spécialistes en vue de juger la chose ! A quoi cela vous sert-il de publier de telles horreurs ? Vous imaginez les ravages que cela pourrait faire sur nos enfants, sur des esprits faibles ou instables dans ce monde où l’homme a de plus en plus tendance à s’exprimer par la violence dans les domaines sociétaux comme dans la politique ?

J’ai reçu ces derniers temps un grand nombre de vidéos de violence politique, l’ambassade d’un pays saccagé par de supporters d’un parti politique qui ont fait preuve d’une violence inouïe, d’une part, et d’autre part des images violentes des forces de l’ordre du même pays tirant à balles réelles sur des civils non armés avec souvent de gros plans sur les blessures infligées et j’en passe. Je trouvais déjà assez violentes celles des casseurs parmi les gilets jaunes, et des répliques des forces de l’ordre, que je trouvais déjà assez dures à regarder, mais celles-là n’avaient rien à voir !

J’avais envisagé de me désengager avec les réseaux sociaux, mais j’ai réfléchi qu’en définitive ce ne sont pas les réseaux sociaux qui sont mauvais, mais l’utilisation qu’on en fait !

Alors j’ai décidé de lancer cet appel : mes amis de Facebook, Messenger, WhatsApp et autres, S’il vous plaît ARRETEZ DE M’ENVOYER VOS IMAGES DE VIOLENCE ! Je ne crois pas que la bêtise humaine mérite d’être promue de quelle que manière que ce soit ! Faites la promotion de l’amour, la joie, la paix, la patience, l'amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi, du pardon et de la réconciliation, des valeurs qui élèvent l'humanité, mais de grâce pas celle de la violence ! Et vous qui les recevez SVP, ne les transmettez pas !!!!

Merci de tout cœur !

PROBLEMATIQUE DE L'IMIGRATION


Introduction
Nous connaissons partout dans le monde un flux migratoire exceptionnel avec un afflux de réfugiés venant des régions où sont localisés les conflits sociaux-militaires, la famine, ou les persécutions d’une partie de la population de ces endroits.
Ceci est un challenge pour les églises locales car biens souvent ces réfugiés viennent majoritairement des régions non atteintes ou moins atteintes par l’évangile du salut. Ces personnes sont le plus souvent en situation de fragilité et nécessitent un soutien psychologique et spirituel que l’Église de Jésus-Christ est bien placée pour leur apporter. L’Église d’Afrique a une grande part à prendre dans ce challenge.
La plupart de ces migrants sont des réfugiés et très souvent ne sont pas traités comme tel.

Définition
Le statut de réfugié est juridiquement défini de façon extrêmement précise par la « Convention relative au Statut de réfugié » entrée en vigueur le 22 avril 1954 conformément à l’article 53 Adoptée le 28 juillet 1951 par une conférence de plénipotentiaires sur le statut des réfugiés et des apatrides convoquée par l'Organisation des Nations Unies en application de la résolution 429 (V) de l'Assemblée générale en date du 14 décembre 1950.
En gros cette convention défini le réfugié comme toute personne : « Qui, par suite d'événements survenus avant le premier janvier 1951 et craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. Dans le cas d'une personne qui a plus d'une nationalité, l'expression "du pays dont elle a la nationalité" vise chacun des pays dont cette personne a la nationalité. Ne sera pas considérée comme privée de la protection du pays dont elle a la nationalité toute personne qui, sans raison valable fondée sur une crainte justifiée, ne s'est pas réclamée de la protection de l'un des pays dont elle a la nationalité. »
Cette convention, appelée encore convention de Genève de 1951, définit les modalités selon lesquelles les états doivent accorder le statut de réfugié à la personne qui le demande, ainsi que les droits et devoirs de celle-ci envers le pays qui lui accorde ce statut. Elle va être complétée en 1967 par « Le protocole relatif au statut de réfugié » ainsi que par la résolution du parlement européen de 1984 et à partir de 1991, d’une série de « directives ou guidelines » relative à la protection des femmes demandeuses dans cette convention, sous l’action des réseaux féministes notamment le « Groupe de travail sur les femmes réfugiées » (Working Group on Refugee Women, WGRW) réunissant de multiples ONG qui ont fait pression sur le HCR afin de l’amener à prendre en considération les situations des femmes demandeuses du statut de réfugiées et/ou d’asile.

Nous allons dans un premier temps examiner l’aspect phénoménologique de cette situation, puis dans un deuxième temps voir ce qu’en dit la Bible c’est-à-dire son aspect biblique te théologique avant de conclure.

I L’Aspect phénoménologique
1 Les raisons de l’accroissement des migrations dans le monde
Le développement des moyens de communication, notamment les transports ont favorisé les déplacements en masse des populations. Cette situation a été renforcée par la Déclaration des Droits de l’Homme adoptée il y a un peu plus d’un demi-siècle et qui reconnait le droit à toute personne de se déplacer d’un endroit à un autre de la planète. Cette déclaration énonce dans son article 13 que «Tout le monde a le droit à la Liberté de mouvement et de résidence à l'intérieur des limites de chaque État "et" Tout le monde a le droit de quitter n'importe quel pays, y compris le sien, et de retourner dans son pays ». C’est donc un droit fondamental.
Lorsqu’on considère le flux migratoire, on s’aperçoit que de nos jours, une personne sur trente-cinq, vit hors de son pays de naissance ou de résidence habituel. Les réfugiés sont seulement une partie des populations migrantes
Les réfugiés
Le refugiés sont les migrants demandeurs d’asile, pris en compte par le HCR.
Selon l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), en 2015 il avait plus de 65 millions de réfugiés dans le monde.
À la fin de 2015, 65,3 millions de personnes ont été déplacées de force dans le monde entier en raison de la persécution, des conflits, de la violence généralisée ou des violations des droits de l'homme. Cela reflète une augmentation en termes absolus de 5,8 millions de personnes par rapport à 2014 et représente le plus grand niveau de déplacement forcé jamais enregistré. Le chiffre total comprend 21,3 millions à travers les frontières internationales (UNHCR) (16,1 millions sous le mandat de l'UNCHR et 5,2 millions de réfugiés palestiniens aidés par l'UNRWA : L'Office de Secours et de Travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA - United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East en anglais) est un programme de l'Organisation des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza), 40,8 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et 3,2 millions de demandeurs d'asile. Le chiffre n'inclut pas 19,2 millions d'autres personnes nouvellement déplacées par des catastrophes naturelles dans 113 pays en 2015. Parmi les réfugiés, les mineurs représentaient près de 20% des premiers demandeurs d'asile dans l'UE- en 2015 et plus d'un tiers des victimes du travail forcé dans le monde (Eurostat, BIT). Plus de 5 700 migrants ont décédé ou ont disparu lors de la migration en 2015, soit une augmentation d'environ 9% par rapport à 2014 (OIM).
2 Les attitudes face aux migrants
Dans presque toutes les régions du monde, les gens sont plus susceptibles d'être en faveur de la migration que contre elle. La seule exception notable est l'Europe (IOM-Gallup). L'Allemagne est devenue le plus grand bénéficiaire de nouvelles demandes individuelles d'asile dans le monde, avec 441 800 inscrits à la fin de 2015 (Eurostat).

3 Les Réfugiés en Afrique
Le journal « Jeune Afrique » en ligne du 20 juin 2016 rapporte que « c’est la première fois que le seuil des 60 millions de personnes réfugiées et déplacées a été franchi – soit plus que toute la population d’ Afrique du Sud . Ce nombre est en forte hausse par rapport au chiffre de 2014 (59,5 millions). »
Un article du Monde diplomatique, signé par Philippe Rekacewicz  titre « Réfugiés et demandeurs d’asile concentrés dans les pays pauvre »
Selon cet article, Les Etats en voie de développement, en premier lieu les plus démunis, accueillent 80 % des exilés. Le plus souvent, ces migrants y survivent dans des conditions précaires. La plupart se voient refuser l’accès aux nations industrialisées ainsi que le droit d’asile.

Et comme nous pouvons le constater, l’Afrique a son fardeau dans cet accueil des réfugiés. Les guerres civiles de Sierra Leone, du Soudan et du Darfour, les conflits ethniques et autres guerres des régions Est-africaines (Rwanda, Burundi, RDC…) ont engendré des millions de réfugiés qui sont un fardeau pour les pays, bien souvent les plus pauvres d’Afrique. Les attaques des terroristes islamistes ont entraîné des vagues de réfugiés au Tchad (voir l’image Des fillettes nigérianes qui ont fui Boko Haram et se sont réfugiées au Tchad, dans le camp de Baga Solo, ouvert en janvier 2015 et qui accueille plus de 6 000 réfugiés.) ainsi qu’au Cameroun. Les autres pays pourvoyeurs de réfugiés étant la Lybie, le Mali, la Côte d’ivoire et la RCA.
L’article du journal « Jeune Afrique » du 25 juin 2015 évaluait déjà le chiffre en 2014 à 17 millions de déplacés estimant que ces chiffres étaient sous-évalués faute de données fiables. Il ne serait pas surprenant qu’à l’heure actuelle l’Afrique abrite plus de 20 millions de réfugiés à elle seule, soit environ 32% des réfugiés de la planète. Le continent le plus pauvre accueille le 1/3 de la population mondiale en termes de réfugiés !
II Sur le plan Biblique et théologique
Ces mouvements de réfugiés : calamité ou opportunité pour l’Église ?
Les mouvements migratoires ont fait prendre conscience au mouvement de Lausanne, de l’importance d’une missiologie de la diaspora et en 2015 il a consacré une consultation à l’étude de cette missiologie, consultation à laquelle j’ai pris part à Manille aux Philippines. C’est d’une partie de ce travail que me suis inspiré pour ce que je vais vous exposer ci-dessous.
1 L’aspect biblique des mouvements migratoires
Il y a toujours eu des mouvements migratoires à travers l’histoire du monde depuis la création, mais le 20ème et le 21ème siècle connaissent des mouvements sans précédent de peuples, principalement à cause de la guerre, de la famine, des besoins économiques et des opportunités.
Les mouvements migratoires sont contrôlés par Dieu ; la Bible est remplie d’exemples depuis le livre de la Genèse où Adam et Eve chassés du jardin d’Éden devaient accomplir la première migration de l’humanité, jusqu’à l’Apocalypse, avec la description de Jean de la Ville de Dieu: « Les peuples du monde marcheront par sa lumière, et les rois de la terre en apporteront leur richesse ... la grandeur de la richesse des nations sera introduite dans La ville » (Apocalypse 21: 24, 26) et la description d’un grand rassemblement eschatologique, « une multitude que personne ne puisse compter, de toute nation, tribu, peuple et langue, debout devant le trône et devant l'Agneau » (Apocalypse 7: 9), qui montrent comment Dieu les utilise à ses fins.
Dieu déplace son peuple dans le jugement et pour la rédemption
a)     Dans l’Ancien Testament
Dieu a agi dans le jugement pour expulser Adam et Eve d’Éden, pour envoyer Caïn, par l'appel d'Abram pour quitter son pays et ses habitants pour le pays de la promesse, afin d’être le père d’une nation par laquelle toutes les nations seraient bénies. La nouvelle nation d'Israël a commencé dans l’exil, lorsque Jacob et ses fils ont été contraints à descendre en Égypte (en tant que migrants économiques) et ont ensuite migré à nouveau pour hériter de la terre promise. Tout au long de son histoire, Israël a eu d'autres expériences de Dieu qui les disperse pour exercer Son jugement (Lévitique 26:33; Deutéronome 28:64; Ézéchiel 36:19), mais aussi les rencontre dans l’exil pour le renouvellement et l'enseignement afin qu'elle puisse communiquer le caractère de Dieu aux autres (Ézéchiel 36: 23-27).
C’est en exil qu’Israël a appris de nouvelles choses à propos de Dieu, depuis l'expérience de la traversée du désert du Pentateuque, jusqu’à l'exil Babylonien, Persan et des empires grecs et romains.
b)      Dans le nouveau Testament
Au temps de Jésus, les Juifs étaient dispersés dans le monde connu - «De l'Inde à l’Éthiopie» au moins (Esther 8: 9). Par le réseau des synagogues Autour duquel leurs communautés étaient organisées, tout d’abord dans la foi en Un Dieu Créateur puis plus tard la bonne nouvelle de Jésus le Messie sera transmise partout, tant pour les Juifs que pour les Gentils.
Dieu a dispersé les premiers croyants chrétiens de Jérusalem par la persécution (Actes 8.1, 4). En conséquence, ils ont traversé des barrières culturelles pour partager l'évangile avec les Samaritains et commencer la première église des Gentils (Actes 11,19).
Les écrivains du Nouveau Testament ont abordé le peuple de Dieu dans l’exil, non seulement Dispersés culturellement et socialement, mais des voyageurs spirituels sur le chemin de « la patrie Céleste », vivant dans deux cultures à la fois (1 Pierre 1: 1; 2: 11-12; Jacques 1: 1; Hébreux 11: 13-17; 13:14).
2 L’Intention Missionnaire de Dieu
Ces mouvements migratoires peuvent par conséquent être interprétés dans l'optique des intentions missionnaires de Dieu dans le monde. La mobilité du peuple de Dieu en particulier et les mouvements des communautés, des tribus ou des nations en général, contribuent à cimenter les caractéristiques complémentaires de la théologie et de la missiologie de la diaspora. La missiologie est intrinsèquement théologique car la théologie est, de manière tout à fait indispensable, axée sur les missions.
Le Dieu unique existe et se manifeste en trois personnes: le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui sont distincts mais co-égaux, co-éternels et coexistants. (I Jean 5: 7; Jean 1: 1,2; Apocalypse 4: 2-5 et 5: 1-7). Il est le créateur du «ciel et de la terre» et de toutes choses «visibles et invisibles». Tout au long de l'histoire, Dieu a entrepris des rencontres avec sa création. Il révèle ses qualités par la nature, par l'histoire et par la conscience humaine (Romains 1:20, Hébreux 1). Dieu est souverain et a un plan d'histoire destiné à accomplir ses desseins et à glorifier son nom.
Les prophètes Ésaïe et Jérémie ont souligné que Dieu a utilisé l’Égypte, l'Assyrie, la Babylonie et la Perse pour ses besoins, et qu'il les a également jugés (Ésaïe 10: 5; 45: 1, Jérémie 25: 9-12). Dieu a dit à Amos: « N'êtes-vous pas les Israélites les mêmes que les Cushites? » Déclare l'Éternel. « N'ai-je pas amené Israël d’Égypte, des Philistins de Caphort et des Araméens de Kir? » (Amos 9: 7). Paul a déclaré aux Athéniens que Dieu « a déterminé les temps fixés pour [chaque nation] et les endroits exacts où ils devraient vivre" afin qu'ils "le recherchent et l'atteignent peut-être et le trouvent » (Actes 17:26- 27). Évidemment, la main invisible de Dieu et le plan souverain sont derrière tout ce qui se produit dans l'univers, y compris les migrations humaines.
Le contrôle de Dieu s'étend sur tout ce qu’Il a créé. Ainsi il l’exerce sur l’établissement et sur la chute des pouvoirs politiques et militaires du monde.
3 Dieu contrôle le mouvement des pouvoirs «séculiers»
Le contrôle de Dieu ne se limite pas à «Son peuple». Il s'exerce également sur la montée en puissance et la chute des pouvoirs politiques et militaires du monde. La vision des empires de Daniel 2 et 7 Démontre une philosophie de l'histoire : Dieu est en suprême contrôle - moralement et Spirituellement, politiquement et militairement. Ésaïe et Jérémie ont souligné que l'Égypte et l'Assyrie, Babylone et la Perse étaient des instruments que Dieu utilisait pour ses besoins et étaient eux-mêmes soumis au jugement de Dieu (Ésaïe 10: 5; 45.1, Jérémie 25: 9-12). Il a dirigé les mouvements non seulement d'Israël, mais aussi d'autres nations (Amos 9: 7).
En conclusion
Le peuple de Dieu doit accueillir tous les hommes, en particulier les «étrangers» et les marginalisés
Quelles leçons pouvons-nous tirer de ces enseignements ?
L'église primitive a lutté pour accepter des personnes de milieux culturels différents, Comme on peut le voir dans Romains 15: 1-7. Jacques a contesté ses lecteurs sur la discrimination fondée sur la richesse (Jacques 2: 1-9), tandis que les écrivains évangéliques ont montré l'exemple de Jésus qui a reçu des personnes de tous horizons, en particulier les marginalisés (Luc 5:13, 29-32; 7 : 36-37; 8: 2).
Face aux mouvements migratoires, les communautés hôtes, y compris malheureusement, les communautés chrétiennes, pourraient se sentir mal à l'aise sur les «nouveaux arrivants», ou même les voir comme une menace. Ils pourraient être considérés comme une menace économique affectant les emplois et le logement. Ils pourraient être considérés comme une menace culturelle l'évolution des habitudes alimentaires, de la musique, des coutumes traditionnelles, etc. Ils pourraient être considérés comme une menace politique susceptible de prendre le contrôle des organes décisionnels. Ils pourraient être considérés comme une menace religieuse et éthique, susceptible d’influencer les concepts établis de Dieu, le statut et les relations homme-femme ainsi que les responsabilités familiales.
Mais la Bible nous enjoint d’accueillir l’étranger. C’est ainsi manifester l’Amour Agapè de Dieu que nous commande le Christ. Le pentateuque est rempli d’enseignements sur l’accueil, notamment l’accueil de l’étranger (Exode 22:21, Exode 23:9 ; Lévitique 24:22 ; Lévitique 25:35 ; Nombres 15:14 ; Nombres 15:16 ; Deutéronome 10:18- ; Deutéronome 26:12 ; Deutéronome 27:19 ; Les prophètes Jérémie, Zacharie, Ézéchiel, Malachie etc. parlent de l’étranger et l’associe bien souvent avec la veuve et l’orphelin. Le verset 19 de Deutéronome 10 est même un commandement que Dieu donne à son peuple ; "Va Ahavtem Et Ha Guer" Vous aimerez l’étranger, est la même forme que l’Eternel a utilisé  dans le commandement tu aimeras ton Dieu… Vé Ahavta Et Adonaï Elohécha, de Deut. 6 :5 et tu aimeras ton prochain comme toi-même de Lévitique 19 :18 "Vé Ahavta Lé Réacha Kamocha" que Luc a concentré en un verset dans Luc 10 :27. L’exégète Rachi dit de ce passage que c’est là un principe fondamental dans la Thora. Cet amour de l’étranger apparaît 36 fois dans l’Ancien Testament, bien plus que le « Shabbat ». L’éthique de l’autre l’emportant sur le religieux, aimer l’étranger revient à aimer l’Éternel car l’homme est fait à l’image de l’Éternel, le « guer » étant la figure de tout être qui nous est différent. C’est pourquoi la Thora enjoint au peuple d’Israël d’aimer le migrant car ils ont été eux-mêmes étrangers en Égypte.
Mouvement des réfugiés : une opportunité pour atteindre les non atteints
Les mouvements migratoires sont une opportunité pour les chrétiens de faire des disciples jusqu’aux extrémités du monde sans bouger de chez soi. Bien souvent il s’agit de peuples non atteints que l’on ne pouvait atteindre chez eux, qui par des circonstances dramatiques, sont obligés de venir à nous. Rappelons-nous que c’est souvent le moyen que Dieu a utilisé pour se faire connaître.
Les populations en exil sont souvent plus ouvertes à l'évangile. Les enfants de Dieu sont appelés à saisir les possibilités de ce service d’amour (Jean 13:35), en partageant la bonne nouvelle en saison et hors saison (1Timothée 4: 2, Actes 8: 4-5), et en faisant des disciples (Actes 11:26 Philippiens 4:22, Genèse 39: 2; 41, 50:20). Cet appel s'adresse aux enfants de Dieu aussi bien dans les communautés des migrants (diaspora) que dans les églises locales des pays d'accueil. C’est en cela que les églises d’Afrique sont interpellées, car comme nous l’avons vu plus haut, l’Afrique est le continent qui accueille le plus de réfugiés dans le monde sans fermer ses frontières. Alors que l’Occident et notamment l’Europe, ferme ses portes aux migrants et demandeurs d’asile en dépit des dispositions de la déclaration universelle des Droits de l’Homme qui stipulent dans son article 13 que « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.»